Tenir le rythme.

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«Mais comment fais-tu pour tenir ce rythme-là?»

Voilà une question que j’entends de temps en temps… Oui, je roule beaucoup.

Bah là, je n’ai pas de secret. En premier lieu, quand je fais quelque chose, c’est à fond ou pas du tout, c’est mon tempérament. Et puis ensuite, c’est la motivation. Je veux bien gagner ma vie, et pouvoir faire face aux investissements que j’ai fais ces derniers-temps. C’est en conduisant un camion en Amérique que j’y arrive, je n’aurais pas ce niveau de vie en France en exerçant ce métier-là. Voilà.

Ceci dit, comment travailler à ce rythme? Le plus important, c’est le sommeil. Dès que je m’arrête et qu’il est l’heure de dormir, je ne joue pas à des jeux vidéos ou autres choses de ce genre. JE DORS !!. Je ne veux pas me retrouver dans un état de fatigue inacceptable; ce métier-là comporte déjà suffisamment de risques, pas besoin d’en rajouter. Et de plus, ça deviendrait un calvaire de continuer à travailler comme ça, ce n’est pas une vie!

J’essaye aussi de concentrer le plus possible ma semaine de travail, de faire mes 70 heures en 6 jours si possible, pour pouvoir passer plus de temps à la maison. Et là c’est une lutte perpétuelle entre les dispatchs et moi. Pas facile pour eux et je ne cesse de leur mettre la pression pour obtenir ce résultat. Des fois, je presse même un peu trop, je le reconnais… mais en fin de mois, force est de reconnaître que le résultat est là. Et c’est bon aussi pour leur prime à eux ;) … alors ils le prennent bien.

Que penser des boissons énergisantes, genre Redbull, Monster et autres? Pour ma part je n’en consomme jamais et je ne sais d’ailleurs même pas quel goût ça a. Je me permets une tasse de café instantané le matin, avec un croissant, et c’est tout. J’ai arrêté la cigarette voilà déjà quelques années et franchement, je ne le regrette pas. Les excitants ne m’aident pas et je n’ai pas envie de ruiner ma santé en forçant la machine. D’ailleurs, tout le monde sait que le seul et unique moyen de résister à la fatigue à long terme, c’est d’avoir suffisamment de vrai sommeil. Alors, si j’en ressens le besoin, que le dispatch soit content ou pas, je m’arrête et je dors.

Il m’est arrivé une fois de stopper mon camion non loin de Sault Ste Marie (Ontario) et de faire une sieste l’après-midi, durant deux heures. Je ne me sentais pas en force, j’avais aussi un peu de fièvre. Quand je suis revenu deux jours plus tard au bureau, le dispatch me l’a reproché. Je lui ai répondu, haut et fort devant tout le monde, qu’il avait le choix entre livrer le client un peu en retard ou retrouver le camion avec son chargement dans un ravin et un chauffeur de moins dans les effectifs. Il a eu vite fait de se taire. Moi, sa prime je m’en contre-fous, ce n’est pas lui qui prend les risques, c’est à moi de juger si je peux continuer ou pas.

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